Il est des rencontres stimulantes qui incitent à se lancer dans de nouvelles aventures. Notify cultive cet état d’esprit et lorsque Maurice Ohayon, créateur -fondateur de la marque, rencontre Cathy Bitton manager d’artiste indépendante, la collaboration semble couler de source. A deux ils créent en Septembre 2008 Notify Music et offrent un tremplin aux jeunes talents en devenir.
Lail Arad sort son premier album chez notify music
ELLE:
« Imaginez un peu un croisement entre Lily Allen, pour la pétulance british et Carrie Bradshaw l’héroine de Sex and The City … »
Clémentine Goldszal
LIBERATION:
« Un album comme un coup de fluo dans la grisaille … »
Christelle Granja
LES INROCKUPTIBLES:
« Ses chansons voyagent léger un sourire aux lèvres , d’un cabaret honky tonk à la musique de chambre … »
Stephane Deschamps
LE MONDE:
« Il y a dans tout cela beaucoup de distance et d’autodérision ….»
Veronique Mortaigne
« On est prêt à parier qu'elle amorce une belle carrière… »
Frédéric Peguillan
LA GRACE TRANQUILLE
DE LAIL ARAD
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Lail Arad a 27 ans, mais ne sera jamais Amy Winehouse, fille perdue enterrée le mardi 26 juillet après mort subite. Tandis que les fans d'Amy la pleurent, cette autre Londonienne donne un concert sous la douceur des marronniers du jardin du Luxembourg, à Paris. Pas de rudesse destroy, pas d'aspérités cocaïnées chez cette jeune femme à l'ironie ardente et à la fraîcheur bienfaisante. Quand même, et parce que Lail Arad joue du rock, une bonne dame un peu voûtée l'aborde en hochant solennellement la tête à l'issue d'une heure d'un récital chlorophyllé : “Pas de drogue, hein, ni d'alcool, hein ? Pour moi, mademoiselle, pour moi, promettez !“ Sur scène (le kiosque à musique), Lail Arad a fait des efforts pour énoncer quelques mots en français, une langue qu'elle ne parle pas, mais elle s'y essaie... Des étudiantes américaines venues quêter des autographes traduisent. Alors, elle promet, petite robe noire, gilet de laine beige et queue-de-cheval.
Les concerts gratuits donnés en fin d'après-midi dans les jardins et parcs à l'initiative de Paris Quartier d'été puisent aussi leurs charmes dans le public, qui s'y rend sans rien changer à ses habitudes : l'une dessine les musiciens sur un carnet de croquis, l'autre promène sa baguette sous le bras, des touristes interrompent leur tour de ville ; il y a des lecteurs de journaux du soir, des mangeurs de glaces, de vieux messieurs fatigués, des gamins curieux. Au Luxembourg, chacun a pris sa chaise en fer, c'est le temps de la découverte.
Une petite camionnette a apporté le matériel, un clavier, des guitares, un banjo, une caisse claire, un kazoo, un harmonica, des instruments simples tenus par Lail Arad et deux grands garçons en jeans et culottes de velours, Roi Erez et Oscar Lisshagen.
Lail Arad est venue en France en mars, pour une tournée de six dates dans le cadre du festival Les Femmes s'en mêlent. Elle venait de publier un album gracieux, Someone New (Notify Music/EMI). Lail Arad est la fille heureuse de Ron Arad. Star du design britannique, né en 1951 à Tel-Aviv, il est venu à Londres dans les années 1970 pour y imaginer des meubles fabriqués avec des tubes métalliques. Son siège Transformer, un sac vinyle rempli de granulés, ou son étagère Rat de bibliothèque lui ont apporté la consécration.
Dans ses chansons, Lail raconte sa vie de bohème aisée dans la capitale britannique, jeune femme qui lit le New York Times sur Internet en se demandant où traîne son amoureux, et dont les copains déménagent à Berlin (Everyone is Moving to Berlin), tandis qu'elle rencontre des amants internationaux (The Pay you Have to Price, avec r roulés à l'italienne). Il y a dans tout cela beaucoup de distance et d'autodérision.
Gâtée, douée, ayant fréquenté les créateurs, les écoles d'art, Lail Arad sait parler de superficialité, celle de la génération Internet, prise dans un système encodé qui lui échappe.
Lail Arad ne sera pas Amy Winehouse, elle ne passe pas en force, elle a des acidités dans les montées, des fragilités dans la charpente, mais elle a un bagage qui penche, comme celui de feu l'auteur de Rehab, vers le blues, le folk pur. Elle compose, mais elle reprend aussi Fishing Blues, par exemple, un traditionnel d'Henry Thomas qu'avait repris Taj Mahal, ici interprété voix-banjo ; elle s'emballe avec un naturel culotté sur Walking back to Happiness (1961) - “dont on s'est aperçu que personne ne le connaissais en France“, dit-elle -, que chantait, avec une voix grave et rythmée à la Winehouse, la jeune Helen Shapiro, star des sixties alors âgée de 15 ans.